MEDILOR INFO Numéro 3

Editorial :

Voici le numéro 3 de MEDILOR INFO. Ce journal a pour but de vous donner des nouvelles de l’association que vous soutenez par vos dons.

L’année 1995 a été marquée par de nombreuses alertes. Ces alertes se sont chaque fois traduites par une remise en condition de tout le matériel, un recensement des personnes prêtes à partir dans les 24 à 48 heures,... et surtout une longue attente. On peut ainsi noter le Japon (tremblement de terre de Kobé en janvier), l’Equateur en juillet, le cyclone Luis sur les Antilles en septembre.

A chaque fois des contacts ont été pris avec les autorités diplomatiques tant en France que dans les pays respectifs. Nous avons offert notre aide, notre capacité de prendre en compte de 1000 à 3000 personnes sur le plan sanitaire. Pour d’autres catastrophes, c’est MEDILOR qui avait été directement contacté et nous avons refusé. Pourquoi ? Deux exemples :

1995: en France, des élections ont eu lieu et le gouvernement a changé.

Il a fallu recommencer, avec beaucoup de difficultés tout le travail d’approche auprès de la cellule d’urgence du Quai d’Orsay et du ministère de l’Action Humanitaire.

Enfin, en début d’année, nous avons achevé le financement des opérations de l’année 1994 (Colombie et Rwanda) en rencontrant des clubs service ou en participant à des rencontres.

Mais dans ce numéro, vous trouverez le compte-rendu d’une mission en Turquie, suite à un tremblement de terre survenu à Dinar, ville de 35 000 habitants. Nous avons proposé nos services dès le lundi 2 octobre au lendemain de la catastrophe ; ceux-ci furent refusés le mercredi et l’alerte a été levée. Mais le vendredi 6 dans l’après-midi, nous sommes recontactés par le consulat général à Strasbourg : pouvez-vous partir le mardi 10 ? Nous avons répondu présent avec 15 personnes.

2 autres articles : l’un sur le travail des infirmiers dans le trinôme MEDILOR, l’autre étant le bilan présenté par notre trésorier pour l’année 95. Nous nous sommes engagés dès le début à vous rendre des comptes. Je vous rappelle que nous sommes prêts à accueillir vos remarques, vos suggestions sur notre serveur Minitel : numéro 87.65.37.85.

Nous faisons donc à nouveau appel à votre générosité car

SANS VOUS, NOUS NE POUVONS RIEN FAIRE.

LES INFIRMIERS(IERES) SUR LE TERRAIN

Dinar, 7 h du matin,

Après un rapide petit déjeuner, pour compenser une nuit encore particulièrement fraîche, chaque trinôme se prépare à assurer un maximum de soins au cours de cette journée. Chaque trinôme a eu sa mission définie la

veille au soir par le chef de mission. L’effectif le plus important travaillera dans le dispensaire et une ou deux équipes se rendront en camionnette et avec un interprète dans l’un des villages environnants.

Chaque trinôme emporte une cantine métallique remplie de médicaments et de tout le matériel médical nécessaire pour la journée.

Le bouche à oreille a bien fonctionné parmi la population, une file d’hommes, de femmes avec quelques enfants sont déjà là. Le logisticien accueille et canalise l’arrivée des consultants. La population est bien entendue stressée et encore sous le choc, il faut faire preuve à la fois de compassion et de fermeté pour organiser et faciliter le travail du médecin et de l’infirmier.

Le rôle de l’infirmier ou de l’infirmière, est d’assister le médecin pendant et surtout après l’auscultation. En quelques mots l’infirmier sait ce qu’il a à faire. Soigner une plaie, appliquer un pansement ou une pommade, donner les médicaments, tout est préparé dans la cantine.

Les bocaux de 1000 comprimés ont été reconditionnés la veille en petits sachets individuels avec les quantités adaptées au produit et aux problèmes rencontrés. L’infirmier fait appel aux quelques mots de turc qu’il a appris pour dire "matin", "midi" ou "soir" lorsqu’il s’agit par exemple d’antibiotique ou de l’application d’une pommade.

Quelques gestes de réconfort, un sourire pour accompagner la personne à retrouver son quotidien après cette trop courte parenthèse, c’est aussi cela la mission. Au cours d’une journée bien chargée, il arrive parfois de profiter d'un moment privilégié à l’occasion d’un thé ou d’un repas offert sous la tente par une famille. Un repas de galettes de pain très fines repliées plusieurs fois avec des tomates, des piments, du fromage, des œufs et des fruits et un échange facilité par un turc qui a travaillé en France, ce sera un souvenir fort de Dinar.

A 900 m. d’altitude, en octobre, le soir tombe vite et la chaleur de la journée laisse place au vent froid de la nuit. L’ensemble de la mission se retrouve à l’heure du dîner et c’est l’occasion de faire le point des soins enregistrés par les logisticiens et des éventuelles difficultés rencontrées. Un programme est arrêté pour le lendemain par le chef de mission. Il reste aux infirmiers à nettoyer et stériliser les instruments, à ranger et vérifier les cantines et à préparer les nouveaux sachets de médicaments.

Un lendemain qui sera encore pour l’infirmier, comme pour le logisticien et le médecin, riche de rencontres et de gestes de réconfort.

Les infirmiers de la mission Turquie, octobre 1995

Patrick BOLOT

Françoise GIROSSIER

Albert LABOUHEURE

Carmine PARRELLA

Le mot du trésorier : J.C. Renaudin

Notre association gère ses comptes depuis plusieurs années en essayant d’allier la fragilité d’une association ( à la merci de la générosité de ses donateurs) et la dynamique d’une entreprise ( gestion saine) :

Fragilité:

Les premières missions ont été lancées sans que les comptes soient pourvus au risque d’affoler les financiers et le banquier de l’association.

Les aides envisagées au niveau des collectivités locales ou du partenariat avec les grandes entreprises lorraines n’ont pas connu les succès escomptés.

Dynamique:

Grâce à la volonté de bon nombre de membres actifs ou sympathisants, nous avons pu collecter des fonds : merci aux combien nombreux généreux donateurs connus ou anonymes.

Le bilan de MEDILOR en 1995 est le reflet de cet état de faits :

Gestion saine puisque notre association présente une trésorerie positive, fort de l’appui de généreux donateurs individuels ou de groupe (organismes privés ou publics, banque, sociétés) et des subventions de quelques collectivités locales (mairies, départements)

Les grandes dépenses de cette année :

- acquisition d’une valise satellite de télécommunications oh combien sécurisante pour les membres en mission (le manque de communication avec la base arrière avait cruellement défaut lors des missions en

Colombie et au Rwanda) ; la mission en Turquie nous a montré les avantages précieux de cette dépense.

- la mission en Turquie en octobre 95

les dépenses occasionnées par les missions sont importantes en comparaison de notre budget bien qu’elles paraissent souvent ridicules comparées aux missions organisées par d’autres associations humanitaires.

Les dépenses habituelles d’une mission :

comprises jusqu’à présent entre 150 000 et 300 000 francs avec :

- les médicaments

- les rations alimentaires

- les renouvellements de matériel perdu, détruits ou offerts

- le prix du transport (personnes et fret)

Les dépenses de fonctionnement :

modiques (10 à 20 000 francs) car MEDILOR ne fonctionne qu’avec des bénévoles :

- abonnement lignes téléphoniques + canal satellite ; assurances

- organisation de soirées d’information, réunions de formation, déplacements (rencontre avec organismes officiels (lorrains, français et européens)

D’année en année, notre gestion bien que difficile à prévoir montre des similitudes qui reflète l'originalité de notre fonctionnement alliant dans une même association des membres spécialisés en médecine de catastrophe et des membres rompus aux techniques de gestion et de comptabilité : merci de la confiance que vous continuerez à nous accorder.

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