Éditorial :

Voici le 11ème numéro de Médilor Info.

Cette année 2005 aura été marquée par 2 missions.

Rappelez-vous : nous sommes le dimanche 26 décembre 2004, les fêtes de Noël sont dans nos têtes et nos coeurs, et beaucoup pensent déjà au réveillon. Le temps est à la paix et à la joie, loin de toutes les images de guerre qui ont peuplé l'année finissante. C'est dans cet esprit que nous apprenons en début de matinée qu'un raz de marée dévastateur s'est produit en Asie du sud-est. Ce raz de marée fait suite à l'un des quatre plus grands tremblements de terre que l'humanité a connus. C'est un TSUNAMI. Très rapidement, des nouvelles incroyables nous arrivent : une vague gigantesque, plus de 15 mètres par endroits, a parcouru des milliers de kilomètres à la vitesse d'un avion pour frapper les côtes de l'Asie du sud est et même l'Afrique, l’île de la Réunion...

Cette nouvelle nous laisse incrédules et je pense que nous sommes beaucoup à avoir songé à notre petitesse vis-à-vis de la nature. Puis, très vite, on a commencé à égrener le nombre des morts, dans une multitude de pays. Et surtout, il y avait de nombreuses victimes parmi des Occidentaux venus passer des vacances dans des sites enchanteurs. Notre "paix" des fêtes de fin d'année avait disparu. Tout est alors allé très vite. Pour les membres de MEDILOR démarrait la 15ème mission. 6000 personnes seront soignées.

Pendant cette mission, une importante campagne de presse est lancée par les médias locaux, en particulier le Républicain Lorrain. Elle déclenche un élan de générosité sans précédent.

Pakistan 2005 - Medilor-Enfant et son père 

Samedi 8 octobre – 9 heures : un tremblement de terre ravage le Cachemire pakistanais. Dans les contreforts de l’Himalaya, les maisons se sont écroulées comme des châteaux de carte, les glissements de terrain ont enseveli les hommes et les biens et surtout coupé les routes, entravant les secours. Dès le lendemain, une équipe est prête, mais il faudra attendre jusqu’au 20 octobre pour pouvoir partir. Cette mission sera très éprouvante par la pathologie rencontrée (à 95% de la traumatologie ressemblant à de la chirurgie de guerre).

Nous serons aussi marqués par la tristesse de ce peuple, soumis à la guerre depuis 1947 entre l’Inde et le Pakistan, tiraillée par les incursions des talibans. En plus de 70.000 morts dans cette catastrophe, elle compte 2 millions de sans-abri, qui attendent les rigueurs de l’hiver avec une grande inquiétude.

Nous soignerons 1345 personnes, gravement blessées.

MERCI A TOUS NOS DONATEURS, qui nous avez permis de faire ces 2 missions, CAR SANS VOUS, NOUS NE POUVONS RIEN FAIRE.

                                                                         Docteur Pierre WOLFF

                                                                        Président de MEDILOR  

Nagapattinam :

De l’urgence à la reconstruction

 

Qui ne garde en mémoire cette terrible vague qui, il y a un an, a balayé les côtes de la partie orientale de l’Océan Indien, après que la terre eût tremblé au large de Sumatra ? L’ampleur inédite du phénomène, le nombre de pays touchés, le chiffre vertigineux des victimes confèrent à cette catastrophe une dimension exceptionnelle. 

L’Inde figure parmi les pays sinistrés, sur sa côte Sud-Ouest. C’est là que se rend Médilor, plus précisément à Nagapattinam, ville côtière du Tamil Nadu, à une centaine de kilomètres au Sud de Pondichéry. Pendant dix jours, nos trinômes sillonnent le secteur, apportant soins et médicaments aux malades et blessés dans leurs villages. Dans cette région qui vit principalement de la pêche, la détresse est grande, car les gens ont tout perdu.

La providence va mettre sur le chemin de notre équipe des personnes qui, vivant sur place, se sont mis au lendemain de la catastrophe au service de la population sinistrée.

Il s’agit d’abord des Sœurs de Cluny, qui gèrent l’hôpital Saint Rock à Karaïkal. Outre les soins gratuits qu’elles prodiguent aux victimes du tsunami, elles fournissent une aide alimentaire et matérielle à de nombreuses familles, distribuent des outils pour aider à la reprise du travail et organisent des formations (couture, arts plastiques,…) afin de permettre à des femmes de subvenir à leurs besoins.

MEDILOR : consultations en Inde

Par ailleurs Médilor va rencontrer Lionel et Martine Mallard qui, responsables d’un chantier naval à Pondichéry, décident rapidement de créer l’association Pondy-Pêcheurs. Son but est de rendre aux pêcheurs leur outil de travail en les faisant participer eux-mêmes à la construction des bateaux.

Pour soutenir ces initiatives, Médilor se fait l’intermédiaire du grand élan de générosité qui répond à la catastrophe. Car pendant que notre équipe est encore en Inde, de multiples initiatives personnelles et collectives voient le jour en Lorraine pour rassembler des fonds en faveur des victimes du tsunami. La mobilisation est impressionnante, soutenue par la presse régionale. Particuliers, municipalités, associations sportives, chorales ou paroisses, les donateurs sont innombrables à apporter leur contribution pendant plusieurs mois. Au total, ce seront 256.804 euros qui seront rassemblés et reversés intégralement, à raison de deux tiers aux Sœurs de Cluny et d’un tiers à Pondy-Pêcheurs.

Les remerciements nous viennent directement de l’Inde, où l’aide à la population se poursuit toujours. Ainsi nous suivons avec intérêt l’action de Pondy-Pêcheurs, grâce à leur site internet que nous vous invitons à visiter : www.pondy-pecheurs.org. Les Sœurs de Cluny rendent compte de leur travail dans leurs courriers :

« Du côté médical, nous avons des victimes du tsunami qui viennent chaque jour à notre dispensaire et qui reçoivent des médicaments gratuits et des soins. Les médicaments coûtent environ 700 à 1000 euros par mois. A part ça, notre clinique mobile va presque chaque jour dans les villages côtiers. A Pattancherry, la zone la plus touchée, il y a beaucoup de malades. Nous avons pris en charge un certain nombre d’opérations bénignes pour enfants et adultes. Les deux qui ont reçu une chirurgie cardiaque, Chiradevi et Vinoth, vont bien, trois autres attendent leur tour. (…) Merci pour votre grande générosité sans laquelle rien n’aurait été possible. Nous sommes très touchées par la grande bonté des gens de Montigny, de Lorraine et de France. Que Dieu vous bénisse et vous le rende. » Sr Marina, supérieure de l’hôpital St Rock.

 

Mobilisation et encouragements de nos donateurs

« Émus par la situation dramatique dans laquelle se trouvent les victimes du tsunami, nous avons donné un concert, dont nous vous versons la recette intégrale. Nous espérons que cette modique somme pourra vous permettre de les aider et soulager un peu leur détresse ».

« Ce que vous faites est très beau. J’ai suivi avec intérêt et respect vos démarches. Bravo ».

« Ci-joint un chèque de 50 euros, pour vous aider dans vos actions que vous menez, là où les gens sont dans le besoin. Merci à vous de votre engagement et dévouement ».

« Très sensible à l’action menée par votre organisme en Asie du Sud-Est, j’ai mis une urne dans ma classe, une classe unique de 23 enfants en maternelle, pour sensibiliser les parents et leurs enfants au malheur qui a frappé tant de personnes alors que nous ici, nous avons été consolés par le Père Noël… »

« L’envie d’aider Médilor à fournir aux pêcheurs de Karaïkal un bateau et les soutenir dans la constructions d’habitations souleva en un bloc les confirmands de notre Communauté de Paroisses. Alors, un samedi de 9h00 à 20h30, ils ont confectionné avec 20 kg de farine des beignets afin de les vendre le soir même et le lendemain à la sortie des messes de leurs villages, pour en donner le bénéfice à votre association. »

 

 Pakistan 2005 :

Le Cachemire endeuillé

 

Le samedi 8 octobre à 8h53, la terre tremblait dans la partie occidentale du Cachemire, provoquant plusieurs dizaines de milliers de morts et entre 2 et 3 millions de sans-abri, parmi lesquels de nombreux blessés.

 Médilor apprenait la nouvelle alors que ses membres étaient en formation à Bar-le-Duc. Dès les premiers contacts, il apparaissait que la situation était à peu près sous contrôle sur le versant indien, et c’est donc au Pakistan, bien plus gravement touché, que nous avons proposé notre aide. Toutes nos sources confirmaient l’importance des besoins médicaux sur place, mais nous peinions à obtenir les autorisations requises. Finalement, au moment où l’alerte venait d’être levée, le feu vert était enfin donné le 19 octobre.

 Il ne manquait que ce signal pour déclencher un processus désormais bien rodé : constitution de l’équipe, conditionnement du matériel et des médicaments, et transport vers le lieu d’embarquement. C’est ainsi que le 21 octobre au soir, 17 médecins, infirmiers et logisticiens se présentent avec leur fret à la base de Dugny, en région parisienne. C’est en effet en avion militaire que se fera le voyage, avec une escale à la base militaire française de Douchambé (Tadjikistan).

 Arrivés à Islamabad, il nous faut encore 7 heures en bus et camion pour atteindre enfin notre destination : Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais. C’est que les routes de montagne sont tortueuses et encore encombrées de nombreux éboulis.

 Muzaffarabad même est détruite aux trois quarts, reflet de l’état des multiples villages environnants, dont la plupart ne sont accessibles que par la voie des airs.

 Comme à l’accoutumée, nous nous mettons à la disposition de l’organisation locale, et la diversité des terrains d’action qui nous seront confiés témoigne de la souplesse de fonctionnement de Médilor. Une équipe monte un PMA (poste médical avancé) à l’aéroport de Muzaffarabad où sont acheminés tous les blessés héliportés depuis la montagne. Il s’agit de stabiliser les fractures, protéger les plaies, calmer la douleur, avant d’orienter les victimes vers les différents hôpitaux. Notre chirurgien orthopédiste a fort à faire, entre les interventions dans l’antenne chirurgicale tenue par les militaires français et le suivi post-opératoire de tous les opérés rassemblés dans un camp monté à cet effet. Ici la réfection des pansements représente un gros travail infirmier.

 Bien sûr, le travail de dispensaire ne manque pas, en particulier dans les différents camps de sans-abri qui se remplissent à mesure que les gens descendent de la montagne. Enfin deux trinômes seront déposés par hélicoptère en montagne pour aller au devant des sinistrés dans leurs villages, car beaucoup n’ont pas encore eu accès aux soins.

 Le paradoxe de cette mission est là : bien qu’arrivés sur les lieux deux semaines après le séisme, nous devrons y assurer des soins de traumatologie souvent lourde à des blessés qui n’ont toujours pas vu de médecin. Il faut dire que la zone sinistrée est vaste et particulièrement accidentée. En fin de mission pourtant, les blessés se font plus rares, et les soins relèvent plus de la médecine générale. Mais l’approche de l’hiver ne fait qu’accroître l’inquiétude de tous ceux qui se retrouvent sans toit…

 

 

BILAN DES ACTIONS INDE ET PAKISTAN

BILAN FINANCIER MISSION INDE 2005

TRANSPORT :

    avion, véhicules de location, carburant, péages                                20 460 €

MEDICAMENTS :                                                                             10 000 €

ACHAT FOURNITURES POUR MISSION :

        Petit matériel, consommables, nourriture                                     1 950 €

SUR PLACE :

        Douane, nourriture, eau, gaz, carburant, location             

        véhicules                                                                                  2 031 € 

COMMUNICATIONS :

        Téléphone, fax, valise satellite, film DVD                                     1 530 €

MATERIEL A REMPLACER :                                                            6 440 €

 

                                 TOTAL DE LA MISSION INDE :                42 440 €           

                                     

Enfants à Islamabad, à l'aarivée sur l'aéroport

BILAN FINANCIER MISSION PAKISTAN 2005

TRANSPORT :

    avion, véhicules de location, carburant, péages                               10 800 €

GUIDES-TRADUCTEURS :                                                                 1 700 €

ACHAT FOURNITURES POUR MISSION :

        Petit matériel, consommables, nourriture                                     1 950 €

SUR PLACE :

        Douane, nourriture, eau, gaz, carburant, location             

        véhicules                                                                                  1 730 € 

COMMUNICATIONS :

        Téléphone, fax, valise satellite, film DVD                                     2 300 €

MATERIEL A REMPLACER :                                                               760 €

 

                                TOTAL DE LA MISSION PAKISTAN :       27 650 €

 

NB : les frais d'avion pour la mission Pakistan ont été réduits, car l'armée française a assuré notre transport aller (fret + personnel) et le retour de notre fret. En revanche, les difficultés de langue nous ont amenés à avoir recours à des traducteurs rémunérés. La valise satellite a été beaucoup utilisée, l'usage de la radio étant limitée en pays montagneux.

 

Nos remerciements à la BA 128 de Metz Frescaty qui nous héberge et à la société FIMIC-DISPELOR pour son soutien logistique.

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